Le tour du Beaufortain est-il difficile ?
Mon retour objectif

Passage dans les névés lors du trek du Beaufortain

En bref

Trek Magazine classe l’itinéraire en très difficile. Nous étions six au départ d’Arêches et deux à l’arrivée : voici ce que cela implique concrètement.
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Je suis parti quatre jours sur le tour du Beaufortain en juillet, avec cinq amis et sans expérience préalable du trek, séjour raconté dans notre trek du Beaufortain en 4 jours. Cette page répond à la seule question qui compte avant de s’engager : à quel point est-ce dur, et pour qui.

Sommaire

Passage dans la neige au col de Presset Traversée de névés sur le trek du Beaufortain

Un itinéraire classé très difficile

Ce que dit Trek Magazine, et ce que nous en pensons

Trek Magazine classe cet itinéraire en très difficile. Quand j’ai lu cela deux mois avant le départ, j’ai pris la préparation au sérieux, et avec le recul j’avais raison. Ce classement n’est pas de la prudence éditoriale, il correspond à ce que nous avons vécu.

Cela ne veut pas dire qu’il faut être un alpiniste : il n’y a pas de passage technique exposé, pas de matériel spécifique au-delà de bonnes chaussures et de bâtons. La difficulté est ailleurs, dans le cumul et dans la durée.

Ce que disent vraiment les chiffres

4 800 mètres de montée en quatre jours, très mal répartis

Le parcours totalise 75 km et 4 800 mètres de dénivelé positif. Le problème n’est pas le total, c’est la répartition : les deux premiers jours en concentrent 3 400 mètres, avec 19 puis 20 kilomètres. Autrement dit, tout se joue d’emblée.

Les jours 3 et 4 sont plus légers en montée, avec 850 puis 550 mètres, mais le dernier compte 23 km et 2 000 mètres de descente. Le détail étape par étape est dans notre itinéraire du tour du Beaufortain.

Trois abandons sur six marcheurs

Le meilleur indicateur de difficulté que nous puissions donner

Nous sommes partis à six. Au petit-déjeuner du deuxième jour, Christian, Daniel et Simon ont renoncé au vu des difficultés rencontrées la veille. Stéphane, qui avait organisé le trek, a décidé de ne pas continuer si le groupe n’allait pas au complet.

Dès la deuxième journée, nous n’étions donc plus que Guillaume et moi. Christian et Daniel avaient d’ailleurs mis près de trois heures de plus que nous pour rejoindre le premier refuge, à cause des descentes dans la neige. Le parcours est dur, mais avec un peu de préparation, même sans expérience de treck, il est tout à fait faisable. Je pense qu'ils n'avaient simplemement pas pris assez au sérieux la préparation. D'ailleurs ce n'est pas tant le fait de mettre plus de temps qui pose problème, mais que les horraires de repas aux refuges sont assez stricts car ils ont beaucoup de chose à préparer.

La deuxième journée, la plus dure des quatre

Boue, plein soleil, puis hors sentier dans les rochers

C’est celle qui m’a le plus coûté. La descente dans les bois vers le lac de Saint-Guérin est pleine de racines et de boue, ce qui ralentit énormément. La remontée vers le lac de fées est ensuite éprouvante en plein soleil, avant le Cormet d’Arêches et le col du Bresson.

Mais le vrai morceau est la fin d’étape : il n’y a plus vraiment de chemin et l’on monte à travers les rochers, en fin de journée, après 1 600 mètres de montée. C’est là qu’une trace GPS devient indispensable, et cela mène à l’un des plus beaux refuges du parcours. C'était physique, mais cette dernière partie est celle qui m'a le plus plu quant au décors.

La neige, en plein mois de juillet

45 minutes de traversée continue au col du Grand Fond

Les refuges nous avaient prévenus : en juillet, la neige et des températures proches de zéro restent possibles. Nous avons traversé des névés dès la première journée, et surtout un passage de 45 minutes dans la neige au troisième jour, en descendant du col du Grand Fond.

Nous avons croisé des randonneurs en sens inverse qui ne s’attendaient pas du tout à trouver le col enneigé. C’est le facteur le plus sous-estimé de ce trek, et celui qui a le plus pesé dans les difficultés de nos trois compagnons le premier jour.

Le dernier jour et ses 2 000 mètres de descente

Facile sur le papier, dur pour les genoux

Le quatrième jour paraît simple : 550 mètres de montée seulement. En réalité, ce sont 23 km dont la quasi-totalité en descente, avec 2 000 mètres de dénivelé négatif. C’est une sollicitation très différente, et les bâtons de marche deviennent précieux.

Après un arrêt pour discuter avec des randonneurs, mon genou s’est bloqué et j’ai fait les trois derniers kilomètres vraiment au ralenti. La descente n’est pas la partie facile d’un trek, c’est celle qui abîme, et il faut l’intégrer dans son évaluation.

Les problèmes physiques que nous avons eus

Trois points d’usure, tous prévisibles

Premier point, le cou. Avec le poids du sac, plus les jours passaient, plus j’avais mal dans le cou. Le cardio et les jambes tenaient très bien, mais je n’avais pas préparé le portage. Renforcez vos trapèzes et marchez chargé avant de partir.

Deuxième point, les pieds : chaussettes et chaussures mouillées pendant près de deux jours m’ont valu de belles ampoules, et les pansements ne suffisaient plus. Des bandes adhésives m’ont sauvé la fin du parcours. Troisième point, le genou du dernier jour. Voyez notre page sur la préparation. Avec le recul, le poids gagné par l'abscence de ma baterie externe aurait simplement pu servir à prendre plus de chaussette de rechange.

Alors, faut-il s’engager sur ce tour ?

Accessible à un débutant préparé, pas à un débutant improvisé

Je l’ai fait sans aucune expérience de trek, donc c’est possible. Mais avec deux mois de préparation, une nuit sur place la veille, une trace GPS et un sac allégé par la demi-pension. Trois personnes de notre groupe, moins préparées, ont renoncé au bout d’un jour.

Si vous marchez régulièrement en montagne et acceptez deux grosses journées d’entrée, le parcours est superbe et très varié. Si c’est votre première randonnée sur plusieurs jours, envisagez de l’étaler davantage. Vous pouvez regarder les activités et randonnées proposées dans le Beaufortain.

FAQ, vos questions

Le tour du Beaufortain est-il accessible à un débutant ?

Je l’ai fait sans expérience de trek, mais avec deux mois de préparation et un sac allégé par la demi-pension. Trois de nos six marcheurs, moins préparés, ont renoncé dès le deuxième matin. C’est possible, à condition de ne pas improviser.

Quel niveau de difficulté pour le tour du Beaufortain ?

Trek Magazine le classe en très difficile, et cela correspond à ce que nous avons vécu. Il n’y a pas de passage technique, mais 4 800 mètres de dénivelé positif en quatre jours, dont 3 400 sur les deux premiers, avec de la neige possible en juillet.

Y a-t-il de la neige en juillet sur le tour du Beaufortain ?

Oui, nous en avons trouvé lors de notre passage. Des névés dès la première journée, et environ 45 minutes de traversée continue en descendant du col du Grand Fond le troisième jour. L’enneigement varie d’une année à l’autre, renseignez-vous auprès des refuges.

Quelle est la journée la plus dure ?

La deuxième, du refuge des Arolles au refuge de Presset. Vingt kilomètres, 1 600 mètres de montée, une descente boueuse vers le lac de Saint-Guérin, une remontée en plein soleil, puis une fin d’étape hors sentier dans les rochers.

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